RÉSUMÉ DES CARACTÉRISTIQUES DU PRODUIT
ANSM - Mis à jour le : 18/02/2010
HYPNOMIDATE 2 mg/ml, solution injectable
2. COMPOSITION QUALITATIVE ET QUANTITATIVE
Etomidate ........................................................................................................................................... 2 mg
Pour 1 ml.
Une ampoule de 10 ml contient 20 mg d'étomidate.
Pour la liste complète des excipients, voir rubrique 6.1.
Solution injectable.
4.1. Indications thérapeutiques
Hypnotique pur à brève durée d'action, l'étomidate 2 mg/ml peut être utilisé comme:
· agent inducteur de l'anesthésie générale,
· potentialisateur d'agents anesthésiques gazeux ou volatils,
· agent hypnotique unique pour des interventions peu douloureuses de courte durée nécessitant un réveil rapide.
4.2. Posologie et mode d'administration
Ce produit ne doit être administré que par des médecins spécialisés en anesthésie-réanimation ou en médecine d'urgence et familiarisés avec l'utilisation des anesthésiques, ou sous leur contrôle, et disposant de tout le matériel d'anesthésie-réanimation nécessaire.
Les recommandations des sociétés savantes concernées doivent être respectées, notamment en cas d'utilisation en situation extra-hospitalière (situation d'urgence ou transport médicalisé).
Ne pas injecter plus de 3 ampoules (30 ml).
Chez l'adulte:
· induction: 0,25 à 0,40 mg/kg;
· entretien: 0,25 à 1,80 mg/kg/h suivant le type de chirurgie.
Chez l'enfant de 2 à 13 ans:
Il peut être nécessaire d'augmenter la posologie. Une dose de 30 % supérieure à la dose utilisée chez l'adulte est parfois nécessaire pour obtenir une profondeur et une durée du sommeil égales à celles obtenues chez l'adulte.
La dose d'étomidate sera réduite chez:
· l'insuffisant hépatique,
· le malade susceptible d'avoir un débit cardiaque abaissé,
· ou les patients ayant reçu des neuroleptiques, des morphiniques ou des agents sédatifs.
Ce médicament NE DOIT JAMAIS ETRE PRESCRIT dans les cas suivants:
· enfant de moins de deux ans,
· hypersensibilité à l'étomidate ou à l'un des excipients.
4.4. Mises en garde spéciales et précautions d'emploi
L'emploi d'étomidate est réservé aux anesthésistes, aux médecins exerçant sous la responsabilité des anesthésistes et aux médecins ayant l'expérience de la réanimation, en clinique ou en hôpital disposant de tout le matériel d'assistance respiratoire et de réanimation nécessaire à tout acte d'anesthésie générale.
L'étomidate de doit être utilisé que par voie IV.
Des douleurs à l'injection incluant une douleur veineuse ont été parfois observées lors de l'administration d'étomidate, en particulier lorsque le produit est injecté dans une veine de petit calibre. Il est recommandé d'injecter l'étomidate lentement et dans une veine de gros calibre.
Des mouvements involontaires peuvent survenir au niveau d'un ou de plusieurs groupes musculaires, en particulier en l'absence de prémédication.
La pré-administration d'un morphinomimétique puissant, 1 à 2 minutes avant l'injection peut diminuer les douleurs au site d'injection et l'apparition de mouvements anormaux.
Précautions d'emploi
L'utilisation concomitante de dépresseurs du système nerveux central retarde le réveil.
Aux doses d'induction, l'étomidate a été associé à un abaissement des concentrations plasmatiques de cortisol ne répondant pas à l'injection d'ACTH. A ces doses, il n'a pas été observé de modifications des signes vitaux ou d'augmentation de la morbidité. Cependant, chez les patients soumis à un stress important et particulièrement en cas de dysfonctionnement cortico-surrénalien, une administration répétée ou une perfusion continue d'étomidate peut entraîner une suppression prolongée du cortisol et de l'aldostérone endogènes et doit donc être évitée et une supplémentation en cortisol discutée.
L'étomidate étant dépourvu d'effet analgésique, l'administration d'analgésiques appropriés est recommandée lors d'interventions chirurgicales.
HYPNOMIDATE contenant du propylèneglycol, il est nécessaire de s'assurer de sa compatibilité avec le matériel d'injection.
Prémédication vagolytique avant l'induction.
4.5. Interactions avec d'autres médicaments et autres formes d'interactions
+ Alcool
Majoration de l'effet sédatif des analgésiques morphiniques.
L'altération de la vigilance peut rendre dangereuses la conduite de véhicules et l'utilisation de machines.
Eviter la prise de boissons alcoolisées et de médicaments contenant de l'alcool.
Associations à prendre en compte
+ Autres dépresseurs du système nerveux central
Autres dérivés morphiniques (analgésiques, antitussifs et traitement de substitution), antidépresseurs sédatifs, antihistaminiques H1 sédatifs, barbituriques, benzodiazépines, anxiolytiques autres que les benzodiazépines, neuroleptiques, antihypertenseurs centraux.
Majoration de la dépression centrale pouvant avoir des conséquences importantes, notamment en cas de conduite automobile ou d'utilisation de machines.
+ Autres dérivés morphiniques (analgésiques ou antitussifs)
Risque de dépression respiratoire par synergie potentialisatrice des effets dépresseurs morphiniques, en particulier chez le sujet âgé.
Aucun effet tératogène ou embryotoxique n'a été constaté chez l'animal.
Au cours de l'anesthésie obstétricale, l'étomidate franchit la barrière placentaire. Les scores Apgar de nouveau-nés de mères ayant reçu de l'étomidate sont identiques à ceux d'enfants nés après utilisation d'autres hypnotiques. Une diminution transitoire de la cortisolémie d'une durée d'environ 6 heures a été observée chez les nourrissons dont la mère a reçu de l'étomidate. La cortisolémie reste toutefois dans les valeurs de la normale.
En conséquence, l'étomidate ne sera utilisé pendant la grossesse que si les bénéfices potentiels justifient les risques fœtaux.
Le passage dans le lait maternel n'est pas documenté. De nombreux médicaments lipophiles étant excrétés dans le lait maternel, l'étomidate sera administré avec prudence chez la femme au cours de l'allaitement.
4.7. Effets sur l'aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines
Après interventions chirurgicales de courtes durées (≤ 15 minutes), et lorsque l'étomidate a été le seul agent utilisé pour l'anesthésie, la vigilance normale réapparaît 30 à 60 minutes après le réveil. Lors d'interventions chirurgicales longues, le délai de réapparition de la vigilance normale varie suivant la durée de l'intervention, la dose totale d'étomidate utilisée et les produits associés.
Après administration d'étomidate, des nausées et/ou des vomissements (principalement dus à l'utilisation concomitante de morphiniques), une toux, un hoquet et/ou des frissons peuvent être rarement observés.
Compte-tenu du risque de dépression respiratoire et d'apnée, une assistance ventilatoire devra être disponible.
Des réactions allergiques, en particulier bronchospasmes et réactions anaphylactiques ont été exceptionnellement rapportées. De rares cas de laryngospasmes, d'arythmie (trouble du rythme ventriculaire) et de convulsions (chez des patients ayant une épilepsie partielle réfractaire) ont été spontanément rapportés dans le cadre de la pharmacovigilance de l'étomidate 2 mg/ml.
Des mouvements involontaires peuvent se produire au niveau d'un ou de plusieurs muscles, en particulier en l'absence de prémédication. Ils sont attribués à une désinhibition sous-corticale (voir rubrique 4.4).
Une douleur à l'injection est parfois observée lors de l'injection d'étomidate, en particulier lorsque le produit est injecté dans une veine de petit calibre (voir rubrique 4.4).
Aux doses d'induction, l'étomidate a parfois été associé à un abaissement des taux plasmatiques de cortisol ne répondant pas à l'injection d'ACTH. A ces doses, il n'a pas été observé de modifications des signes vitaux ou d'augmentation de la morbidité (voir rubrique 4.4).
Effets indésirables rapportés après commercialisation
Les fréquences sont définies de la façon suivante: rares (≥ 1/10000, < 1/1000) et très rares (< 1/10000).
Les effets indésirables sont classés par classe de système organe et par fréquence.
|
Classe de systèmes organes |
Effet indésirable |
Fréquence |
|
Affections du système immunitaire |
Réactions allergiques (incluant choc anaphylactique, réactions anaphylactiques et réactions anaphylactoïdes). |
Très rare |
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Affections du système nerveux |
Convulsions |
Très rare |
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Affections cardiaques |
Arythmie (trouble du rythme ventriculaire) |
Rare |
|
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Arrêt cardiaque |
Très rare |
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Affections vasculaires |
Collapsus, hypotension, thrombophlébite |
Très rare |
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Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales |
Laryngospasme |
Rare |
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Bronchospasme |
Très rare |
|
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Affections de la peau et des tissus sous-cutanés |
Urticaire et éruptions cutanées |
Très rare |
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Affections musculo-squelettiques et systémiques |
Trismus |
Très rare |
Lors d'administration en bolus, un surdosage en étomidate peut entraîner un approfondissement de l'effet hypnotique, une dépression respiratoire ou un arrêt respiratoire. Dans ce cas, une assistance ventilatoire est nécessaire. Des cas d'hypotension ont également été observés.
Un surdosage survenant lors d'une perfusion prolongée peut entraîner une diminution importante de la sécrétion de cortisol, une désorientation et un retard au réveil.
Le traitement symptomatique (en particulier, assistance respiratoire) pourra être complété, si nécessaire, par l'administration d'hydrocortisone (et non d'ACTH).
5. PROPRIETES PHARMACOLOGIQUES
5.1. Propriétés pharmacodynamiques
ANESTHESIQUE GENERAL
(N: système nerveux central)
Hypnotique intraveineux à brève durée d'action, dénué de propriétés analgésiques. L'effet hypnotique dépend de la dose administrée: chez un adulte moyen, 0,2 à 0,3 mg/kg d'étomidate procure un sommeil de 4 à 6 minutes.
L'étomidate se caractérise par:
· une bonne tolérance cardio-vasculaire,
· une dépression respiratoire minime,
· un effet protecteur cérébral accompagné d'une réduction de la pression intracrânienne,
· une action dépressive sur la tension intra-oculaire,
· l'absence de libération d'histamine,
· une inactivation rapide par métabolisation dans l'organisme, de sorte qu'il n'a pas d'effet différé.
Il n'exerce aucune influence sur la fonction hépatique.
Suppression surrénalienne
Lorsqu'il est utilisé pour l'induction de l'anesthésie, l'étomidate entraîne une diminution des concentrations plasmatiques du cortisol et de l'aldostérone qui se poursuit pendant 6 à 8 heures. Ces concentrations reviennent en général au niveau initial dans les 24 heures. Il semble que l'étomidate soit un inhibiteur spécifique et réversible de la 11-bêta-hydroxylation intervenant dans la synthèse des stéroïdes surrénaliens.
5.2. Propriétés pharmacocinétiques
L'étomidate est une molécule lipophile faiblement basique non ionisée dans le plasma.
Profil plasmatique
Après injection IV, la cinétique de l'étomidate évolue selon un système tricompartimental reflétant les processus de distribution, métabolisme et élimination.
Distribution
L'étomidate se lie approximativement à 76,5% aux protéines plasmatiques. L'étomidate se distribue rapidement vers le cerveau et les autres organes. Son volume total de distribution (Vdss) est d'environ 4,5 L/kg.
Métabolisme et élimination
L'étomidate est métabolisé par le foie. Après 24 heures, 75 % de la dose administrée sont éliminés dans les urines essentiellement sous forme de métabolites inactifs. Seuls 2% de la dose administrée sont excrétés dans les urines sous forme inchangée. Sa demi-vie terminale est d'environ 3 à 5 heures.
Populations particulières
Enfants
Dans une étude menée chez 12 enfants (âgés de 7 à 13 ans, de poids compris entre 22 et 48 kg), le volume de distribution initial ramené au poids a été 2,4 fois plus important que chez l'adulte (0,66 versus 0,27 L/kg) et la clairance chez l'enfant a été environ 58% supérieure à celle observée chez l'adulte. Ces données suggèrent la nécessité d'administrer des doses plus élevées d'étomidate chez les enfants que chez les adultes.
Patient insuffisant hépatique
Une élévation de la demi-vie a été observée chez les cirrhotiques. La fraction libre d'étomidate augmente jusqu'à 44,2 ± 2,1 % chez l'insuffisant hépatique comparé à 24,9 ± 1,4 % chez le volontaire sain. Une réduction de la dose pourra être envisagée chez ces patients.
Sujets âgés
La clairance de l'étomidate est diminuée chez les sujets âgés (> 65 ans) comparativement aux sujets plus jeunes. Les concentrations plasmatiques initiales sont plus élevées chez les sujets âgés en raison d'un plus faible volume de distribution initial chez ces patients comparativement aux patients plus jeunes. Une adaptation des doses doit donc être envisagée chez ces patients.
5.3. Données de sécurité préclinique
Les DL50 chez les rongeurs (souris et rat) sont d'environ 19 mg/kg (16-21 mg/kg chez la souris, 19 mg/kg chez le rat).
Les résultats issus des études de toxicité par voie intraveineuse après administration de doses répétées chez le rat et le chien ont montré un lien entre la dose administrée et la survenue d'une ataxie et/ou d'un endormissement/hypnose avec une diminution de la consommation de nourriture et du poids. Une mortalité est observée de façon limitée à la plus forte dose testée (5 mg/kg) soit environ 17 fois la Dose Hypnotique Efficace chez l'Homme (DHEH). Pendant la période de rétablissement, il a été observé une bonne réversibilité des pertes de poids.
Dans les études d'embryotoxicité et de tératogénicité, chez le rat et le lapin, quelques morts ont été observées dans le groupe forte dose (5 mg/kg IV). Cependant, aucune embryotoxicité ni tératogénicité n'ont été spécifiquement attribuées au matériel testé. L'administration d'étomidate pendant la période peri et post natale a entraîné une mortalité et une toxicité maternelle liées à la dose, entraînant une légère diminution de la survie des petits dans le groupe forte dose (5 mg/kg).
Les tests de mutagenèse (AMES in vitro et micronucleus chez la souris) n'ont pas mis en évidence de potentiel mutagène.
Les études de tolérance locale (irritation intraveineuse chez le lapin et subplantaire chez le rat) n'ont pas montré d'irritation intraveineuse au site d'injection mais seulement un gonflement modéré et réversible après injection subplantaire.
Propylèneglycol, eau pour préparations injectables.
En l'absence d'études de compatibilité, ce médicament ne doit pas être mélangé avec d'autres médicaments.
3 ans.
6.4. Précautions particulières de conservation
A conserver à une température ne dépassant pas 25°C.
Après ouverture: le produit doit être utilisé immédiatement.
6.5. Nature et contenu de l'emballage extérieur
10 ml en ampoule (verre). Boîte de 5 ampoules.
6.6. Précautions particulières d’élimination et de manipulation
Pas d'exigences particulières.
7. TITULAIRE DE L’AUTORISATION DE MISE SUR LE MARCHE
JANSSEN-CILAG
1, rue Camille Desmoulins
TSA 91003
92787 ISSY LES MOULINEAUX Cedex 9
8. NUMERO(S) D’AUTORISATION DE MISE SUR LE MARCHE
· 560 691-9: 10 ml en ampoule (verre). Boîte de 5.
9. DATE DE PREMIERE AUTORISATION/DE RENOUVELLEMENT DE L’AUTORISATION
[à compléter par le titulaire]
10. DATE DE MISE A JOUR DU TEXTE
[à compléter par le titulaire]
Sans objet.
12. INSTRUCTIONS POUR LA PREPARATION DES RADIOPHARMACEUTIQUES
Sans objet.
Liste I.
Médicament réservé à l'usage hospitalier.
Médicament pouvant être administré par tout médecin spécialisé en anesthésie-réanimation ou en médecine d'urgence dans les cas où il intervient en situation d'urgence ou dans le cadre d'une structure d'assistance médicale mobile ou de rapatriement sanitaire (article R. 5121-96 du code de la santé publique).