RÉSUMÉ DES CARACTÉRISTIQUES DU PRODUIT

ANSM - Mis à jour le : 17/08/2020

1. DENOMINATION DU MEDICAMENT

MEPIVACAINE NORMOGEN 30 mg/ml, solution injectable

2. COMPOSITION QUALITATIVE ET QUANTITATIVE

1 ml de solution injectable contient 30 mg de chlorhydrate de mépivacaïne.

Chaque cartouche de 1,7 ml de solution injectable contient 51 mg de chlorhydrate de mépivacaïne.

Excipient à effet notoire :

Chaque ml contient 1,97 mg de sodium.

Pour la liste complète des excipients, voir rubrique 6.1.

3. FORME PHARMACEUTIQUE

Solution injectable.

Solution limpide et incolore.

pH : 4,0-6,5

Osmolarité : environ 284 mOsmol/kg.

4. DONNEES CLINIQUES

4.1. Indications thérapeutiques

Mépivacaïne normogen 30 mg/ml, solution injectable est un anesthésique local indiqué pour l’anesthésie dentaire locale et loco-régionale chez les adultes, les adolescents et les enfants de plus de 4 ans (environ 20 kg de poids corporel).

4.2. Posologie et mode d'administration

Ce médicament doit être utilisé uniquement par des dentistes, des stomatologues ou d’autres médecins suffisamment formés et habitués au diagnostic et au traitement de la toxicité systémique, ou sous la surveillance de ces derniers. La disponibilité d’un équipement de réanimation et de médicaments appropriés mais aussi d’un personnel formé est recommandée avant l’induction d’une anesthésie régionale avec un anesthésique local afin de permettre la prise en charge rapide de toute urgence respiratoire et cardiovasculaire. L’état de conscience du patient doit être surveillé après chaque injection d’anesthésique local.

Posologie

Comme l’absence de douleur dépend de la sensibilité individuelle de chaque patient, il convient d’administrer la plus faible dose d’anesthésique permettant de produire une anesthésie efficace. Pour des interventions plus longues, une ou plusieurs cartouches peuvent être nécessaires, sans dépasser la dose maximale recommandée.

Chez les adultes, la dose maximale recommandée est de 4,4 mg/kg de poids corporel avec une dose maximale recommandée absolue de 300 mg pour des personnes de plus de 70 kg, ce qui correspond à 10 ml de solution.

Il convient de noter que la quantité maximale doit tenir compte du poids du patient. Comme les patients ont des poids différents, il existe pour chacun une quantité maximale de mépivacaïne qu’il peut tolérer. De plus, les variations individuelles en termes de délai et de durée d’action sont importantes.

Le tableau ci-après répertorie les doses maximales autorisées chez les adultes pour les techniques d’anesthésie les plus couramment utilisées et l’équivalent en nombre de cartouches :

Poids (kg)

Dose de chlorhydrate de mépivacaïne (mg)

Volume (ml)

Équivalent* en nombre de cartouches (1,7 ml)

50

220

7,3

4,0

60

264

8,8

5,0

≥70

300

10,0

5,5

*Arrondi à la demi-cartouche la plus proche

Population pédiatrique

Mépivacaïne normogen 30 mg/ml, solution injectable est contre-indiqué chez les enfants de moins de 4 ans (environ 20 kg de poids corporel) (voir rubrique 4.3).

Dose thérapeutique recommandée : La quantité à injecter doit être déterminée selon l’âge et le poids de l’enfant mais aussi selon l’importance de l’opération. Le dosage moyen est de 0,75 mg/kg = 0,025 ml de solution de mépivacaïne par kg de poids corporel : ~ ¼ de cartouche (15 mg de chlorhydrate de mépivacaïne) pour un enfant de 20 kg.

Dosage maximal recommandé : La dose maximale recommandée pour la population pédiatrique est de 3 mg de mépivacaïne/kg (0,1 ml de mépivacaïne/kg).

Le tableau ci-après répertorie la dose maximale autorisée chez les enfants et l’équivalent en nombre de cartouches :

Poids (kg)

Dose de chlorhydrate de mépivacaïne (mg)

Volume (ml)

Équivalent* en nombre de cartouches (1,7 ml)

20

60

2

1,2

35

105

3,5

2,0

45

135

4,5

2,5

*Arrondi à la demi-cartouche la plus proche

Populations particulières

En raison du manque de données cliniques, il convient de prendre des précautions particulières afin d’administrer la dose la plus faible possible pour une anesthésie efficace chez :

· les personnes âgées,

· les patients souffrant d’insuffisance rénale ou hépatique.

La mépivacaïne est métabolisée par le foie et peut entraîner des niveaux plasmatiques élevés chez les patients souffrant d’insuffisance hépatique, en particulier après une utilisation répétée. Si une réinjection est nécessaire, le patient doit être surveillé, afin d’identifier tout signe de surdosage relatif.

Utilisation concomitante de sédatifs pour réduire l’anxiété du patient :

En cas d’administration d’un sédatif, la dose maximale de sécurité de la mépivacaïne peut être réduite à cause d’un effet additif de la combinaison sur la dépression du système nerveux central (voir rubrique 4.5).

Mode d’administration

Infiltration et utilisation périneurale

À usage unique.

Précautions à prendre avant l’administration du médicament

Le médicament ne doit pas être utilisé s’il est trouble et décoloré. Le taux d’injection ne doit pas dépasser 1 ml de solution par minute. Les anesthésiques locaux doivent être injectés avec précaution en cas d’inflammation et/ou d’infection au point d’injection. Le taux d’injection doit être très faible (1 ml/min).

Risque associé à une injection intravasculaire accidentelle

Une injection intravasculaire accidentelle (p. ex., une injection intraveineuse accidentelle dans la circulation générale, une injection intraveineuse ou intra-artérielle accidentelle dans la région de la tête et du cou) peut être associée à des effets indésirables graves, tels que des convulsions, suivies d’une dépression cardiorespiratoire ou du système nerveux central et d’un coma, progressant finalement vers un arrêt respiratoire, à cause du niveau élevé et soudain de la mépivacaïne dans la circulation générale. Ainsi, pour garantir que l’aiguille ne pénètre pas dans un vaisseau sanguin pendant l’injection, une aspiration doit être réalisée avant l’injection de l’anesthésique local. Cependant, l’absence de sang dans la seringue ne garantit pas que l’injection intravasculaire a été évitée.

Risque associé à l’injection intraneurale

Une injection intraneurale accidentelle peut provoquer le déplacement rétrograde du médicament le long du nerf. Pour éviter toute injection intraneurale et prévenir toute lésion nerveuse en rapport avec des blocages nerveux, l’aiguille doit toujours être légèrement retirée si le patient ressent une sensation de choc électrique pendant l’injection ou si l’injection est particulièrement douloureuse. En cas de lésion nerveuse causée par l’aiguille, l’effet neurotoxique peut être aggravé par la neurotoxicité chimique potentielle de la mépivacaïne qui peut altérer l’apport sanguin périneural et empêcher l’évacuation de la mépivacaïne au niveau local.

4.3. Contre-indications

Hypersensibilité à la substance active (ou à l’un agents anesthésiques locaux de type amide) ou à l’un des excipients mentionnés à la rubrique 6.1.

Enfants de moins de 4 ans (environ 20 kg de poids corporel).

Troubles sévères de la conduction auriculo-ventriculaire non compensés par un pacemaker.

Patient épileptique non contrôlé.

4.4. Mises en garde spéciales et précautions d'emploi

Mises en garde spéciales

S’il existe un quelconque risque de réaction allergique, choisissez un autre médicament pour l’anesthésie (voir rubrique 4.3).

La mépivacaïne doit être utilisée en toute sécurité et de manière efficace dans des conditions appropriées.

Les effets de l’anesthésie locale peuvent être réduits lorsque la mépivacaïne 30 mg/ml est injectée dans une zone enflammée ou infectée.

Il existe un risque de morsure (lèvres, joues, muqueuses et langue), en particulier chez les enfants ; il convient donc d’informer le patient qu’il doit éviter de mâcher un chewing-gum ou de manger jusqu’à ce qu’il retrouve une sensation normale.

La mépivacaïne doit être utilisée avec précaution chez :

Les patients souffrant de troubles cardiovasculaires :

· Maladies vasculaires périphériques ;

· Arythmies en particulier d’origine ventriculaire ;

· Troubles de la conduction auriculo-ventriculaire ;

· Insuffisance cardiaque ;

· Hypotension.

La mépivacaïne doit être administrée avec précaution chez les patients dont la fonction cardiaque est altérée car ils risquent de moins compenser ou d’aggraver les changements dus à la prolongation de la conduction auriculo-ventriculaires.

Les patients épileptiques :

À cause de leurs actions convulsives, tous les anesthésiques locaux doivent être utilisés avec beaucoup de précaution. Pour les patients épileptiques non contrôlés, voir rubrique 4.3.

Les patients souffrant d’une insuffisance hépatique :

Il convient d’utiliser la dose la plus faible permettant une anesthésie efficace.

Les patients souffrant d’une insuffisance rénale :

Il convient d’utiliser la dose la plus faible permettant une anesthésie efficace.

Les patients souffrant de porphyrie :

La mépivacaïne 30 mg/ml doit être utilisée chez les patients souffrant de porphyrie aiguë lorsqu’il n’existe aucune autre alternative plus sûre. Des précautions doivent être prises pour tous les patients souffrant de porphyrie, car ce médicament peut déclencher une porphyrie.

Les patients souffrant d’acidose :

Des précautions doivent être prises en cas d’acidose telle qu’une aggravation de l’insuffisance rénale ou un mauvais contrôle du diabète de type 1.

Les patients âgés :

Les doses doivent être réduites chez les patients âgés (en raison du manque de données cliniques).

La mépivacaïne doit être administrée avec précaution chez les patients qui utilisent des médicaments antiplaquettaires/anticoagulants ou qui souffrent d’un trouble de la coagulation, à cause du risque accru de saignement. Le risque accru de saignement est plus associé à l’intervention qu’au médicament.

Précautions d’emploi

Les anesthésiques locaux doivent être utilisés uniquement par des professionnels de santé rompus au diagnostic et à la prise en charge des cas de toxicité liée au dosage et des autres urgences aiguës éventuellement dérivées du bloc à utiliser. Il convient de vérifier la disponibilité immédiate de l’oxygène, des autres médicaments de réanimation, de l’équipement cardio-pulmonaire, mais aussi des ressources en personnel nécessaires pour une prise en charge correcte des réactions toxiques et urgences associées (voir rubrique 4.2). Tout retard dans la prise en charge correcte de la toxicité liée à la dose, sous ventilation, qu’elle qu’en soit la cause, et/ou toute altération de la sensibilité peut conduire au développement d’acidose, à un arrêt cardiaque et, éventuellement, à la mort.

L’hypoxémie et l’acidose métabolique peuvent renforcer la toxicité cardiovasculaire. Le contrôle précoce des crises et la prise en charge agressive des voies aériennes pour traiter l’hypoxémie et l’acidose peuvent éviter un arrêt cardiaque.

L’utilisation concomitante des autres médicaments peut nécessiter une surveillance étroite (voir rubrique 4.5).

Ce médicament contient moins de 1 mmol de sodium (23 mg) par cartouche, c’est-à-dire qu’il est essentiellement « sans sodium ».

4.5. Interactions avec d'autres médicaments et autres formes d'interactions

Interactions additives avec d’autres anesthésiques locaux

La toxicité de l’anesthésique local est additive. La dose totale de mépivacaïne administrée ne doit pas dépasser la dose maximale recommandée.

Antihistaminiques H2 (cimétidine)

Des taux sériques accrus d’anesthésiques de type amide ont été signalés après l’administration concomitante de cimétidine. La cimétidine réduit la clairance de la mépivacaïne.

Sédatifs (dépresseurs du système nerveux central)

Si des sédatifs sont utilisés pour réduire l’appréhension du patient, les doses d’anesthésique doivent être diminuées car les agents anesthésiques locaux tels que les sédatifs sont des dépresseurs du système nerveux central qui, en combinaison, peuvent avoir un effet additif.

Médicaments anti-arythmiques

Les patients traités avec des médicaments anti-arythmiques peuvent faire l’objet d’une accumulation d’effets secondaires après l’utilisation de mépivacaïne en raison de la similarité des structures (médicament de classe I tel que la lidocaïne).

Inhibiteurs de CYP1A2

La mépivacaïne est principalement métabolisée par l’enzyme CYP1A2. Les inhibiteurs de ce cytochrome (p. ex. la ciprofloxacine, l’énoxacine, la fluvoxamine) peuvent diminuer son métabolisme, augmenter le risque d’effets indésirables et provoquer des niveaux sanguins toxiques ou prolongés. Une augmentation des taux sériques d’anesthésiques de type amide a déjà été signalée après l’administration concomitante de cimétidine, ce qui est probablement dû à l’effet inhibiteur de la cimétidine sur le CYP1A2. La prudence est de rigueur lorsque l’on associe ce médicament à d’autres car les étourdissements peuvent durer plus longtemps (voir rubrique 4.7.).

Propranolol

La clairance de la mépivacaïne peut être réduite lorsqu’elle est associée au propranolol et cela peut conduire à des concentrations sériques plus élevées de l’anesthésique. La prudence s’impose lorsque la mépivacaïne est administrée simultanément avec du propranolol.

4.6. Fertilité, grossesse et allaitement

Fertilité

Aucun effet toxique n’a été rapporté sur la fertilité des animaux avec la mépivacaïne. À ce jour, aucune donnée n'est disponible sur les humains.

Grossesse

Aucune étude clinique n’a été menée sur des femmes enceintes et aucun cas de femmes enceintes ayant fait l’objet d’une injection de mépivacaïne 30 mg/ml n’a été rapportée dans la littérature. Les études sur les animaux n’indiquent pas d’effets délétères directs ou indirects en ce qui concerne la toxicité de reproduction. Par mesure de précaution, il est donc préférable d’éviter d’utiliser la mépivacaïne pendant la grossesse, sauf en cas de nécessité.

Allaitement

Aucune mère allaitante n’a été incluse dans les études cliniques avec la mépivacaïne 30 mg/ml. Cependant, en raison du manque de données relatives à la mépivacaïne, les risques pour les nouveau-nés/nourrissons ne peuvent pas être exclus.

Il est donc conseillé aux mères allaitantes de ne pas allaiter pendant 10 heures après l’anesthésie réalisée avec la mépivacaïne 30 mg/ml.

4.7. Effets sur l'aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines

Mépivacaïne normogen 30 mg/ml, solution injectable peut avoir une influence mineure sur la capacité à conduire et à utiliser des machines. Des étourdissements (notamment des vertiges, des troubles de la vision et de la fatigue) peuvent survenir après l’administration de mépivacaïne (voir rubrique 4.8). Les patients ne doivent donc pas quitter le cabinet dentaire tant qu’ils n’ont pas récupéré leurs capacités (dans les 30 minutes généralement) après l’intervention dentaire.

4.8. Effets indésirables

Résumé du profil de sécurité

Les effets indésirables qui suivent l’administration de Mépivacaïne normogen 30 mg/ml, solution injectable sont similaires à ceux observés avec d’autres anesthésiques de type amide. Ces effets indésirables sont, en général, liés à la dose, et peuvent résulter de niveaux plasmatiques élevés causés par un surdosage, une absorption rapide ou une injection intravasculaire accidentelle. Ils peuvent aussi résulter d’une hypersensibilité, d’une idiosyncrasie ou d’une diminution de la tolérance du patient. Les effets indésirables graves sont généralement systémiques.

Liste récapitulative des effets indésirables

Les effets indésirables signalés proviennent de signalements spontanés et de la littérature. Le classification relative aux fréquences suit la convention suivante : Très fréquent (≥1/10), Fréquent (entre ≥1/100 et <1/10, Peu fréquent (entre ≥1/1 000 et <1/100), Rare (entre ≥1/10 000 et <1/1 000) et Très rare (<1/10 000). Fréquence « indéterminée » : indéterminée (la fréquence ne peut pas être estimée à partir des données disponibles).

Classe de système d’organe MedDRA

Fréquence

Effets indésirables

Troubles du système immunitaire

Rare

Hypersensibilité

Réactions anaphylatiques/anaphylactoïdes

Angio-œdème (visage/langue/lèvre/gorge/larynx 1 /œdème périorbital)

Bronchospasme/asthme

2 UUrticaire

Troubles psychiatriques

Indéterminé

Humeur euphorique, anxiété/nervosité

Troubles du système nerveux

Fréquent

Maux de tête

Rare

Neuropathie 4 : Névralgie (douleur neuropathique)

Paresthésie (c’est-à-dire brûlure, picotements, démangeaisons, fourmillements, sensation locale de chaud ou de froid, sans cause physique apparente) des structures orales et périorales

Hypoesthésie/engourdissements (oraux et périoraux)

Dysesthésie (orale et périorale), notamment dysgueusie (p. ex. goût métallique, altération du goût), agueusie

Étourdissements (vertiges)

Tremblementss 3

Profonde dépression du SNC : Perte de connaissance

Coma

Convulsions (notamment crises toniques-cloniques)

Présyncope, syncope

État confusionnel, désorientation

Troubles de l’élocution 3 (p. ex. dysarthrie, logorrhée)

Agitation/nervosité

Troubles de l’équilibre (déséquilibre)

Somnolence

Indéterminé

Nystagmus

Troubles oculaires

Rare

Troubles de la vision

Vision floue Troubles de l’accommodation

Indéterminé

Syndrome de Horner

Ptosis

Énophtalmie

Diplopie (paralysie des muscles oculomoteurs)

Amaurose (cécité)

Mydriase

Myosis

Troubles auditifs et labyrinthiques

Rare

Vertiges

Indéterminé

Gêne au niveau des oreilles

Acouphènes

Hyperacousie

Troubles cardiaques

Rare

Arrêt cardiaque

Bradyarythmie

Bradycardie

Tachyarythmie (notamment extrasystoles ventriculaires et fibrillation ventriculaire) 5

Angine de poitrinee 6

Troubles de la conduction (bloc auriculo-ventriculaire) Tachycardie

Palpitations

Indéterminé

Dépression du myocarde

Troubles vasculaires

Rare

Hypotension (avec un possible collapsus circulatoire)

Très rare

Hypertension

Indéterminé

Vasodilatation

Hyperhémie locale/régionale

Troubles respiratoires, thoraciques et médiastinaux

Rare

Dépression respiratoire

Bradypnée

Apnée (arrêt respiratoire)

Bâillement

Dyspnée 2

Tachypnée

Indéterminé

Hypoxie 7 (notamment cérébrale)

Hypercapnie7

Dysphonie (enrouement1)

Troubles gastro-intestinaux

Rare

Nausées

Vomissements

Exfoliation gingivale/de la muqueuse buccale (mue)/ulcération

Gonflement de la langue, des lèvres, des gencives

Indéterminé

Stomatite, glossite, gingivite

Hypersécrétion salivaire

Troubles cutanés et des tissus sous-cutanés

Rare

Rash (éruption)

Érythème

Prurit

Gonflement du visage

Hyperhidrose (sueur ou transpiration)

Troubles musculo-squelettiques et du tissu conjonctif

Rare

Contractions musculaires

Frissons (grelottements)

Troubles généraux et réactions au point d’injection

Rare

Gonflement local

Gonflement au point d’injection

Indéterminé

Douleur dans la poitrine

Fatigue, asthénie (faiblesse)

Sensation de chaud

Douleur au point d’injection

Blessure, empoisonnement et complications liées à l’intervention

Indéterminé

Lésion nerveuse

Description de certains effets indésirables

1 Un œdème laryngo-pharyngé peut survenir de manière caractéristique avec un enrouement et/ou une dysphagie ;

2 Un bronchospasme (bronchoconstriction) peut survenir de manière caractéristique avec une dyspnée ;

3 Plusieurs effets indésirables, tels qu’une agitation, une anxiété/nervosité, des tremblements, des troubles de l’élocution, peuvent être des signaux d’alerte d’une dépression du SNC. En présence de ces signes, il convient d’inviter les patients à hyperventiler et une surveillance doit être mise en place (voir rubrique 4.9.)

4 Des pathologies neurales peuvent survenir avec les différents symptômes de sensations anormales (c’est-à-dire paresthésie, hypoesthésie, dysesthésie, hyperesthésie, etc.) des lèvres, de la langue et des tissus buccaux. Ces données sont issues de rapports post-commercialisation, principalement après des blocs du nerf mandibulaire, impliquant plusieurs branches du nerf trijumeau ;

5 principalement chez des patients souffrant d’une maladie cardiaque sous-jacente ou qui reçoivent certains médicaments ;

6 chez les patients prédisposés ou ceux qui présentent des facteurs de risque de cardiopathie ischémique ;

7 l’hypoxie et l’hypercapnie sont secondaires à la dépression respiratoire et/ou aux crises et aux efforts musculaires soutenus ;

8 par morsure ou mordillement accidentel des lèvres ou de la langue lorsque l’anesthésie persiste.

Déclaration des effets indésirables suspectés

La déclaration des effets indésirables suspectés après autorisation du médicament est importante. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament. Les professionnels de santé déclarent tout effet indésirable suspecté via le système national de déclaration : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et réseau des Centres Régionaux de Pharmacovigilance - Site internet : www.signalement-sante.gouv.fr.

4.9. Surdosage

Types de surdosage

Le surdosage d’anesthésiques locaux peut être absolu, en résultant de l’injection de doses excessives, ou relatif, en résultant de l’injection d’une dose normalement non toxique dans des circonstances particulières. Il peut être le résultat d’une injection intravasculaire accidentelle ou d’une absorption rapide anormale dans la circulation générale, ou encore d’un retard du métabolisme et de l’élimination du médicament.

Symptômes

En cas de surdosage relatif, les patients présentent généralement des symptômes dans un délai de 1 à 3 minutes, alors qu’en cas de surdosage absolu, les signes de toxicité, qui dépendent du point d’injection, apparaissent au bout de 20-30 minutes après l’injection. Les effets toxiques dépendent de la dose, avec des manifestations neurologiques de plus en plus graves, suivies de signes vasculaires, respiratoires et enfin cardiovasculaires tels qu’une hypotension, une bradycardie, une arythmie et un arrêt cardiaque.

La toxicité sur le SNC survient progressivement avec des symptômes et des réactions de gravité progressive. Les symptômes initiaux incluent une agitation, une sensation d’intoxication et un gonflement des lèvres et de la langue, une paresthésie autour de la bouche, des étourdissements, des troubles de la vision et de l’audition, et des bourdonnements dans les oreilles. Toute manifestation de ces effets pendant l’injection du médicament est un signal d’avertissement et l’injection doit alors être immédiatement interrompue.

Des symptômes cardiovasculaires surviennent à des niveaux plasmatiques dépassant ceux qui induisent la toxicité sur le SNC et sont donc généralement précédés d’une toxicité sur le SNC, sauf si le patient est sous anesthésie générale ou lourdement sédaté (p. ex. sous benzodiazépine ou barbiturique). Une perte de connaissance et la survenue de crises généralisées peuvent être précédées de symptômes prémonitoires tels qu’une raideur articulaire et musculaire, ou des contractions. Les crises peuvent durer de quelques secondes à plusieurs minutes et entraîner rapidement une hypoxie et une hypercapnie, à la suite d’une augmentation de l’activité musculaire et d’une ventilation insuffisante. Dans les cas graves, un arrêt respiratoire peut survenir.

Des effets toxiques indésirables peuvent apparaître à des concentrations plasmatiques supérieures à 5 mg/l, et des convulsions à des concentrations de 10 mg/l ou plus. Les données disponibles concernant le surdosage sont limitées. L’acidose exacerbe les effets toxiques de l’anesthésique local.

Si une injection intravasculaire rapide est administrée, une concentration sanguine élevée en mépivacaïne dans les artères coronaires peut provoquer une défaillance du myocarde, éventuellement suivie d’un arrêt cardiaque, avant que le SNC ne soit affecté. Les données disponibles sur cet effet restent controversées (voir rubriques 4.4 et 5.1).

Prise en charge

Si des signes de toxicité systémique aiguë apparaissent, l’injection d’anesthésique doit être immédiatement interrompue.

Tout symptôme lié au SNC (convulsions, dépression du SNC) doit être immédiatement traité avec une assistance appropriée des voies aériennes/respiratoires et l’administration de médicaments anticonvulsifs.

Une oxygénation et une ventilation optimales, ainsi qu’une assistance circulatoire et un traitement de l’acidose sont d’une importance capitale.

En cas de dépression cardiovasculaire (hypotension, bradycardie), un traitement approprié avec des solutés intraveineux, un vasopresseur et/ou des agents inotropes doit être envisagé. Les enfants doivent recevoir des doses adaptées à leur âge et à leur poids.

En cas d’arrêt cardiaque, un résultat positif peut nécessiter des efforts de réanimation prolongés. La dialyse n’est pas efficace pour traiter un surdosage de mépivacaïne. L’élimination peut être accélérée en acidifiant les urines.

5. PROPRIETES PHARMACOLOGIQUES

5.1. Propriétés pharmacodynamiques

Classe pharmacothérapeutique : Système nerveux/Anesthésiques/Anesthésiques locaux/Amides/ Mépivacaïne, Code ATC : N01BB03.

Mécanisme d’action

La mépivacaïne est un anesthésique local de type amide. La mépivacaïne inhibe de manière réversible la conduction de l’influx nerveux en réduisant ou en bloquant le débit de sodium (Na+) pendant la propagation du potentiel d’action nerveuse. Comme l’action anesthésique se développe progressivement dans le nerf, le seuil d’excitabilité électrique augmente graduellement, le taux d’augmentation du potentiel d’action baisse et la conduction de l’influx ralentit. La mépivacaïne présente un délai d’action rapide, un fort pouvoir anesthésiant et une faible toxicité. La mépivacaïne affiche de légères propriétés vasoconstrictrices permettant une durée d’action plus longue qu’avec la plupart des autres anesthésiques locaux lorsqu’ils sont administrés sans vasoconstricteur. Des études ont révélé que la mépicavaïne présentait des propriétés vasoconstrictrices. Ces propriétés peuvent être bénéfiques lorsque l’utilisation d’un vasoconstricteur est contre-indiquée. Plusieurs facteurs tels que le pH du tissu, le pKa, la solubilité des lipides, la concentration de l’anesthésique local, la diffusion de l’anesthésique local dans le nerf, etc., peuvent influencer le délai et la durée d’action de l’anesthésique local.

Délai d’action

Lorsqu’un bloc du nerf périphérique dentaire est réalisé, l’effet de la mépivacaïne survient rapidement (généralement en 3 à 5 minutes).

Durée de l’analgésie

L’anesthésie de la pulpe dure généralement 25 minutes environ après l’infiltration maxillaire et environ 40 minutes après le bloc alvéolaire inférieur, alors que l’anesthésie des tissus mous a été maintenue jusqu’à environ 90 minutes après l’infiltration maxillaire et environ 165 minutes après le bloc nerveux alvéolaire inférieur.

Biodisponibilité

La biodisponibilité est de 100 % au niveau du site d’action.

5.2. Propriétés pharmacocinétiques

Absorption

Les niveaux plasmatiques de pointe de la solution de mépivacaïne 30 mg/ml qui suivent les injections péri-buccales pendant les soins dentaires habituels ont été déterminés dans plusieurs études cliniques.

Le niveau plasmatique maximum de mépivacaïne est atteint après 30-60 minutes environ. Les concentrations maximales de mépivacaïne rapportées étaient comprises entre 0,4 et 1,2 µg/ml environ 30 minutes après l’injection intra-buccale avec une cartouche et entre 0,95 et 1,70 µg/ml avec deux cartouches. Le rapport des niveaux plasmatiques moyens après une ou deux cartouches était d’environ 50 %, ce qui est la preuve de la proportionnalité à ces niveaux de dose. Ces concentrations plasmatiques sont bien inférieures au seuil de toxicité sur le SNC et cardiovasculaire, respectivement 10 à 25 fois plus faible.

Distribution

La distribution de la mépivacaïne couvre tous les tissus corporels. Des concentrations supérieures sont détectées dans les tissus très perfusés tels que le foie, les poumons, le cœur et le cerveau. La mépivacaïne se lie aux protéines plasmatiques jusqu’à environ 75 % et peut traverser la barrière placentaire par simple diffusion.

Biotransformation

Comme tous les anesthésiques locaux de type amide, la mépivacaïne est largement métabolisée dans le foie par les enzymes microsomaux (cytochrome P450 1A2 (CYP1A2)). De ce fait, les inhibiteurs des isoenzymes P450 peuvent diminuer son métabolisme et augmenter le risque d’effets indésirables (voir rubrique 4.5.). Plus de 50 % d’une dose est excrétée sous forme de métabolites dans la bile mais ces derniers sont probablement soumis à une circulation entéro-hépatique car de petites quantités seulement apparaissent dans les selles.

Élimination

La demi-vie d’élimination plasmatique est de 2 heures pour les adultes. La clairance des amides dépend du flux sanguin hépatique. La demi-vie plasmatique est prolongée si le patient souffre d’insuffisance rénale et hépatique. La durée de l’anesthésie locale n’est pas associée à la demi-vie car son action se termine lorsque le médicament est éliminé du récepteur. Les métabolites sont excrétés dans les urines avec moins de 10 % de la mépivacaïne inchangée. L’élimination peut être accélérée en acidifiant les urines (voir rubrique 4.9).

5.3. Données de sécurité préclinique

Des études de toxicité générale (toxicité d’une dose unique, toxicité des doses répétées) ont été menées avec la mépivacaïne et démontrent une bonne marge de sécurité. Les essais in vitro et in vivo menés sur le chlorydrate de mépivacaïne n’ont révélé aucun effet génotoxique de ce médicament.

Aucune étude toxicologique pertinente sur le développement et la reproduction n’a démontré d’effets tératogènes avec la mépivacaïne.

Aucune étude de carcinogénicité spécifique n’a été réalisée.

6. DONNEES PHARMACEUTIQUES

6.1. Liste des excipients

Chlorure de sodium

Hydroxyde de sodium (pour l’ajustement du pH)

Eau pour préparations injectables.

6.2. Incompatibilités

Il existe un risque de précipitation lorsque le pH est supérieur à 6,5. Cette caractéristique doit être prise en compte lorsque l’on ajoute des solutions basiques, telles que des carbonates.

6.3. Durée de conservation

30 mois.

6.4. Précautions particulières de conservation

Ce médicament ne nécessite pas de précautions particulières de conservation.

6.5. Nature et contenu de l'emballage extérieur

Cartouches verre incolore neutre (type I).

Bouchon et disques composés de caoutchouc bromobutyle.

Le capuchon en aluminium est constitué d’un disque double en bromobutyle.

Boîte contenant 1, 50 ou 100 cartouche(s) de 1,7 ml.

Toutes les présentations peuvent ne pas être commercialisées.

6.6. Précautions particulières d’élimination et de manipulation

Les cartouches sont à usage unique.

Le médicament doit être administré au patient immédiatement après l’ouverture de la cartouche.

Comme avec n’importe quelle cartouche, l’anneau doit être désinfecté avant utilisation. Il doit être soigneusement nettoyé avec de l’alcool éthylique à 70 % ou avec de l’alcool isopropylique pur à 90 % à usage pharmaceutique. Les cartouches ne doivent en aucun cas être plongées dans une solution, quelle qu’elle soit.

Tout médicament inutilisé ou déchet doit être éliminé conformément aux exigences locales.

Tout médicament non utilisé ou déchet doit être éliminé conformément à la réglementation en vigueur.

7. TITULAIRE DE L’AUTORISATION DE MISE SUR LE MARCHE

LABORATORIOS NORMON, S.A.

RONDA DE VALDECARRIZO, 6

28760, TRES CANTOS

MADRID

ESPAGNE

8. NUMERO(S) D’AUTORISATION DE MISE SUR LE MARCHE

· 34009 550 756 3 9 : 1,7 mL en cartouche (verre). Boîte de 1.

· 34009 550 756 4 6 : 1,7 mL en cartouche (verre). Boîte de 50.

· 34009 550 756 5 3 : 1,7 mL en cartouche (verre). Boîte de 100.

9. DATE DE PREMIERE AUTORISATION/DE RENOUVELLEMENT DE L’AUTORISATION

[à compléter ultérieurement par le titulaire]

Date de première autorisation:{JJ mois AAAA}

10. DATE DE MISE A JOUR DU TEXTE

[à compléter ultérieurement par le titulaire]

{JJ mois AAAA}

11. DOSIMETRIE

Sans objet.

12. INSTRUCTIONS POUR LA PREPARATION DES RADIOPHARMACEUTIQUES

Sans objet.

CONDITIONS DE PRESCRIPTION ET DE DELIVRANCE

Liste II

Médicament réservé à l’usage professionnel selon l’article R.5121-80 du code de la santé publique.