RÉSUMÉ DES CARACTÉRISTIQUES DU PRODUIT

ANSM - Mis à jour le : 29/07/2025

1. DENOMINATION DU MEDICAMENT

NALBUPHINE SERB 20 mg/2 ml, solution injectable

2. COMPOSITION QUALITATIVE ET QUANTITATIVE

Chlorhydrate de nalbuphine................................................................................................ 20,00 mg

Pour 1 ampoule de 2 mL. Pour la liste complète des excipients, voir rubrique 6.1.

3. FORME PHARMACEUTIQUE

Solution injectable.

4. DONNEES CLINIQUES

4.1. Indications thérapeutiques

Douleurs intenses et/ou rebelles aux antalgiques de niveau plus faible.

4.2. Posologie et mode d'administration

Posologie

La dose à administrer est basée sur le poids du patient. Il convient d’éviter les erreurs de dosages dues à la confusion entre milligramme (mg) et millilitre (mL), lesquelles pourraient entraîner un surdosage accidentel (voir le tableau 1 [adultes] ou le tableau 2 [patients pédiatriques] des doses ci-dessous).

Chez l’adulte

· la posologie habituelle est de 10 à 20 mg par voie intraveineuse, intramusculaire ou sous-cutanée, pouvant être renouvelée toutes les 3 à 6 heures, selon les besoins, la dose quotidienne totale maximale étant de 160 mg.

Tableau 1 : Doses pour les patients adultes

Dose par administration

Dose unique maximale

Volume maximal par administration

Dose quotidienne maximale

Volume maximal de la dose quotidienne

0,1 – 0,3 mg/kg

20 mg

2 mL

160 mg

16 mL

Chez l’enfant et l’adolescent âgés de 18 mois à 15 ans

· la posologie est de 0,2 mg/kg par voie intraveineuse, intramusculaire ou sous-cutanée et peut être renouvelée toutes les 4 et 6 heures si nécessaire, la dose quotidienne totale maximale étant de 1,2 mg/kg. La voie intraveineuse ou sous-cutanée doit être préférée chez l'enfant.

Tableau 2 : Doses pour les patients pédiatriques

Dose par administration

Dose unique maximale

Volume maximal par administration

Dose quotidienne maximale

Volume maximal de la dose quotidienne

0,1 – 0,2 mg/kg

0,2 mg/kg

0,02 mL/kg

1,2 mg/kg*

0,12 mL/kg

* Cette dose a été calculée sur la base de l’intervalle entre chaque administration qui a été approuvé

Sujets âgés

En raison de l'augmentation de la biodisponibilité et de la diminution de la clairance systémique chez le sujet âgé, une adaptation de la posologie est nécessaire (voir rubrique 4.4).

Insuffisants hépatiques

Le métabolisme hépatique de la nalbuphine étant réduit chez les patients présentant une insuffisance hépatique, une diminution de la dose est nécessaire (voir rubrique 4.4).

Insuffisants rénaux

L'élimination rénale de la nalbuphine étant réduite chez les patients présentant une insuffisance rénale, une diminution de la dose est nécessaire.

Mode d’administration

Voie intraveineuse, intramusculaire ou sous-cutanée.

4.3. Contre-indications

· hypersensibilité à la nalbuphine ou à l’un des excipients mentionnés à la rubrique 6.1,

· syndrome chirurgical abdominal: la nalbuphine peut en modifier les symptômes. Il est déconseillé d'utiliser ce médicament tant que le diagnostic n'est pas établi,

· administration (directe) chez l'enfant de moins de 18 mois,

· association avec les analgésiques morphiniques de palier III (voir rubrique 4.5),

· association avec la méthadone

· association avec les morphiniques antagonistes partiels (voir rubrique 4.5),

· association à la méthadone et l’oxybate de sodium (voir rubrique 4.5),

· allaitement (excepté lors de l'utilisation au cours de l'accouchement).

4.4. Mises en garde spéciales et précautions d'emploi

Mises en garde spéciales

Dépendance

La possibilité de dépendance physique et psychique et de tolérance au cours des traitements prolongés est possible comme avec d'autres dérivés morphiniques. Le risque d'utilisation abusive est faible en raison des importantes propriétés antagonistes de la nalbuphine. L'arrêt brutal d'un traitement prolongé peut entraîner un syndrome de sevrage.

Utilisation obstétricale (voir rubrique 4.6)

Au cours du travail, la nalbuphine doit être utilisée sous stricte surveillance médicale chez les femmes présentant une dilatation du col inférieure ou égale à 4 cm. Dans ce cas, la voie I.V. doit être évitée.

Il est déconseillé d'administrer le produit chez des patients ambulatoires en raison des risques de somnolence diurne.

Précautions d’emploi

La nalbuphine possède des effets de dépression respiratoire très modérés. Toutefois, son administration comporte des risques chez les insuffisants respiratoires.

Risques liés à l’utilisation concomitante de médicaments sédatifs tels que les benzodiazépines ou d’autres médicaments apparentés. (voir rubrique 4.5)

L’utilisation concomitante de NALBUPHINE SERB et de médicaments sédatifs comme les benzodiazépines ou les médicaments apparentés peut se traduire par une sédation, une dépression respiratoire, le coma et le décès. En raison de ces risques, la prescription concomitante de ces médicaments sédatifs doit être réservée aux patients pour qui aucune option thérapeutique alternative n’est possible. (voir rubrique 4.5)

Si une décision est prise de prescrire NALBUPHINE SERB de façon concomitante avec des médicaments sédatifs, la dose efficace la plus faible doit être utilisée et la durée du traitement doit être aussi courte que possible.

Les patients doivent faire l’objet d’une surveillance étroite des signes et des symptômes de dépression respiratoire et de sédation. A cet égard, il est vivement recommandé d'informer les patients et leurs soignants afin qu’ils soient attentifs à ces symptômes (voir rubrique 4.5).La nalbuphine doit être utilisée avec précaution chez les patients présentant un traumatisme crânien et une hypertension intracrânienne.

En raison de l'augmentation de la biodisponibilité et de la diminution de la clairance systémique, il est conseillé d’adapter les doses chez le sujet âgé.

En raison du métabolisme hépatique et de l'élimination rénale du produit, il est conseillé de diminuer les doses chez les insuffisants hépatiques et rénaux.

Chez des sujets morphinodépendants, ou ayant été récemment traités par la morphine, un syndrome de sevrage peut survenir en raison des propriétés antagonistes de la nalbuphine.

Ce médicament contient moins de 1 mmol (23 mg) de sodium par ampoule, c’est à dire qu’il est essentiellement « sans sodium ».

4.5. Interactions avec d'autres médicaments et autres formes d'interactions

Associations contre-indiquées (voir rubrique 4.3)

+ Analgésiques morphiniques de palier III (alfentanil, , fentanyl, hydromorphone, morphine, oxycodone, péthidine, remifentanil, sufentanil) :

Diminution de l'effet antalgique, par blocage compétitif des récepteurs, avec risque d'apparition d'un symptôme de sevrage.

+ Méthadone :

Diminution de l'effet de la méthadone par blocage compétitif des récepteurs.

+ Morphiniques antagonistes partiels (nalméfène, naltrexone) :

Risque de diminution de l’effet antalgique et/ou d’apparition d’un syndrome de sevrage.

+ Oxybate de sodium :

Risque majoré de dépression respiratoire, pouvant être fatale en cas de surdosage.

Associations déconseillées

+ Analgésiques morphiniques de palier II (codéine, dihydrocodéine, tapentadol, tramadol) / Antitussifs morphiniques vrais (codéine, éthylmorphine) :

Diminution de l'effet antalgique ou antitussif du morphinique par blocage compétitif des récepteurs, avec risque d'apparition d'un syndrome de sevrage.

+ Alcool :

Majoration par l'alcool de l'effet sédatif des analgésiques morphiniques. L'altération de la vigilance peut rendre dangereuses la conduite de véhicules et l'utilisation de machines.

Eviter la prise de boissons alcoolisées et de médicaments contenant de l'alcool.

Associations à prendre en compte

+ Barbituriques :

Risque majoré de sédation et de dépression respiratoire pouvant entraîner coma et décès, notamment chez le sujet âgé. Il convient de limiter autant que possible les doses et la durée de l’association.

+ Benzodiazépines et apparentés :

L'utilisation concomitante des opioïdes avec des médicaments sédatifs comme les benzodiazépines ou les médicaments apparentés accroît le risque de sédation, de dépression respiratoire, de coma et de décès en raison d’un effet dépresseur additif sur le Système Nerveux Central (SNC). La posologie et la durée de l’utilisation concomitante doivent être limitées (voir rubrique 4.4).

+ Médicaments atropiniques :

Risque important d’akinésie colique, avec constipation sévère.

+ Autres médicaments sédatifs :

Majoration de la dépression centrale. L'altération de la vigilance peut rendre dangereuses la conduite de véhicules et l'utilisation de machines.

+ Autres dépresseurs du système nerveux central (voir rubrique 4.4)

Il faut prendre en compte le fait que de nombreux médicaments ou substances peuvent additionner leurs effets dépresseurs du système nerveux central et contribuer à diminuer la vigilance. Il s'agit des dérivés morphiniques (analgésiques, antitussifs et traitements de substitution), des neuroleptiques, des barbituriques, des benzodiazépines, des anxiolytiques autres que les benzodiazépines (par exemple, le méprobamate), des hypnotiques, des antidépresseurs sédatifs ( tels que l’amitriptyline, doxépine, miansérine, mirtazapine, trimipramine), des antihistaminiques H1 sédatifs, des antihypertenseurs centraux, du baclofène et du thalidomide.

4.6. Fertilité, grossesse et allaitement

Grossesse

Aspect tératogène :

Les études chez l'animal n'ont pas mis en évidence d'effet tératogène. En l'absence d'effet tératogène chez l'animal, un effet malformatif dans l'espèce humaine n'est pas attendu. En effet, à ce jour, les substances responsables de malformations dans l'espèce humaine se sont révélées tératogènes chez l'animal au cours d'études bien conduites sur deux espèces.

En clinique, il n'existe pas actuellement de données suffisamment pertinentes pour évaluer un éventuel effet malformatif de la nalbuphine lorsqu'elle est administrée pendant le premier trimestre de la grossesse.

En conséquence, par mesure de précaution, il est préférable de ne pas utiliser la nalbuphine pendant la grossesse.

Aspect fœtotoxique :

Comme avec tout morphinique, un traitement maternel chronique, notamment en fin de grossesse, et cela quelle que soit la dose, peut être à l'origine d'un syndrome de sevrage néonatal. En fin de grossesse, des posologies élevées, même en traitement bref, sont susceptibles d'entraîner une dépression respiratoire chez l'enfant de mère traitée.

Aspect obstétrical :

En cas d'utilisation de la nalbuphine pendant le travail, une dépression respiratoire, même retardée, a été observée chez le nouveau-né. En conséquence, la posologie maximale ne doit pas dépasser 20 mg par voie intramusculaire, et une surveillance néonatale, notamment respiratoire, doit être envisagée.

La nalbuphine est à éviter au cours des grossesses à risque, notamment en cas de prématurité ou de gémellité.

Allaitement

La nalbuphine passe dans le lait maternel; quelques cas d'hypotonie et de pauses respiratoires ont été décrits chez des nourrissons, après ingestion par les mères de dérivés morphiniques à doses supra-thérapeutiques. En conséquence, l'allaitement est contre-indiqué en cas de traitement chronique par ce médicament.

Dans le cadre de l'utilisation obstétricale, l'allaitement est possible.

4.7. Effets sur l'aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines

NABULPHINE SERB est incompatible avec la conduite de véhicules ou l'utilisation de machines (voir rubrique 4.4).

4.8. Effets indésirables

Résumé du profil de sécurité

L‘effet indésirable le plus fréquent est la somnolence.

Tableau reprenant la liste des effets indésirables

Les effets indésirables sont classés par classe d'organes selon la terminologie MedDRA et par fréquence, en utilisant la convention suivante: très fréquent (≥ 1/10) fréquent (≥1/100 à <1/10), peu fréquent (≥1/1000 à <1/100), rare (≥1/10.000 à <1/1000), très rare (<1/10.000), indéterminée (ne peut être estimée sur la base des données disponibles).

Classe MedDRA

Effets indésirables

Fréquence

Affections du système immunitaire

Réaction anaphylactique

Indéterminée

Affections psychiatriques

Troubles de l’humeur (humeur euphorique, dysphorie)

Effets de type psychomimétique (hallucinations, état confusionnel)

Rare

Très rare

Affection du système nerveux

Somnolence, Vertiges, Sécheresse de la bouche, Céphalées,

Sédation,

Nervosité, Paresthésie

Fréquent

Rare

Indéterminée

Affections oculaires

Troubles visuels

Rare

Affections cardiaques

Bradycardie, Tachycardie

Indéterminée

Affections vasculaires

Bouffées de chaleur

Hypotension, Hypertension

Rare

Indéterminée

Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales

Troubles respiratoires (dépression respiratoire, dyspnée)

Indéterminée

Affections gastro-intestinales

Nausées, Vomissements

Crampes abdominales

Fréquent

Rare

Affections de la peau et du tissus sous-cutané

Sueurs

Urticaire

Fréquent

Indéterminée

Affections générales et troubles au site d’administration

Douleurs au site d’injection

Rougeurs

Très rare

Utilisation obstétricale

Dépression respiratoire chez le nouveau-né au cours de l'utilisation obstétricale qui peut-être de longue durée ou retardée (voir rubrique 4.6).

Si la nalbuphine est utilisée pendant l’accouchement, il peut y avoir une dépression respiratoire et/ou dépression circulatoire chez le nouveau-né avec des conséquences graves. Pour de tel cas la naloxone doit être disponible comme antidote. La nalbuphine peut provoquer certains symptômes de sevrage chez les patients ayant une consommation excessive d’opioïdes.

Déclaration des effets indésirables suspectés

La déclaration des effets indésirables suspectés après autorisation du médicament est importante. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament. Les professionnels de santé déclarent tout effet indésirable suspecté via le système national de déclaration : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et réseau des Centres Régionaux de Pharmacovigilance - Site internet : https://signalement.social-sante.gouv.fr/.

4.9. Surdosage

L'administration de doses élevées de nalbuphine (par voie intramusculaire ou intraveineuse) peut provoquer plusieurs symptômes de surdosage, comme la dépression respiratoire, la sédation, la somnolence, la perte de conscience et un léger malaise.

L'administration intraveineuse de naloxone (antidote spécifique) sera utilisée en cas de surdosage, ainsi que, selon les indications, d'autres thérapeutiques symptomatiques, telles que: oxygène, liquides de remplacement, vasopresseurs.

5. PROPRIETES PHARMACOLOGIQUES

5.1. Propriétés pharmacodynamiques

Classe pharmacothérapeutique : ANALGESIQUES, code ATC : N02F02.

Analgésique central semi-synthétique de type agoniste/antagoniste morphinique de la série des phénanthrènes.

La nalbuphine a une activité analgésique équivalente à celle de la morphine.

La nalbuphine n'entraîne pas de modification significative des paramètres cardiovasculaires, ni de la motilité du tube digestif.

La nalbuphine n'a pas montré d'action spasmodique au niveau du muscle lisse.

Aux doses thérapeutiques la dépression respiratoire est modérée et n'augmente plus au-delà de la dose de 0,3 mg/kg (effet plafond).

Chez l’adulte

Le délai d'action est de 2 à 3 minutes après administration intraveineuse et inférieure à 15 minutes après injection intramusculaire ou sous-cutanée.

La durée d'action varie entre 3 et 6 heures.

Chez l’enfant de plus de 1 an

Le délai d'action est de 2 à 3 minutes après administration intraveineuse et il est de 20 à 30 minutes après injection intramusculaire ou sous-cutanée.

La durée d'action est de 3 et 4 heures.

5.2. Propriétés pharmacocinétiques

Chez l’adulte

La demi-vie plasmatique est de 2 à 3 heures.

Chez l'enfant de plus de 1 an

La demi-vie plasmatique est de 1 heure.

La nalbuphine traverse la barrière fœto-placentaire, le rapport fœto-maternel étant de 0,76 (0,3-6) - La pharmacocinétique n'a pas été étudiée chez le nouveau-né de mère traitée au cours de l'accouchement.

· le taux de liaison aux protéines plasmatiques est d'environ 35 pour cent.

· le métabolisme est hépatique.

· l'élimination est essentiellement urinaire et partiellement fécale; elle s'effectue sous forme inchangée, conjuguée et sous forme de métabolites.

5.3. Données de sécurité préclinique

Sans objet.

6. DONNEES PHARMACEUTIQUES

6.1. Liste des excipients

Citrate de sodium, acide citrique monohydraté, chlorure de sodium, eau pour préparations injectables.

6.2. Incompatibilités

Sans objet.

6.3. Durée de conservation

3 ans.

6.4. Précautions particulières de conservation

A conserver à une température ne dépassant pas 25° C.

Conserver les ampoules dans l'emballage extérieur, à l'abri de la lumière.

6.5. Nature et contenu de l'emballage extérieur

2 ml en ampoule (verre type I). Boîtes de 5 et de 10.

6.6. Précautions particulières d’élimination et de manipulation

Pas d’exigences particulières.

7. TITULAIRE DE L’AUTORISATION DE MISE SUR LE MARCHE

SERB

40, avenue George V

75008 Paris

8. NUMERO(S) D’AUTORISATION DE MISE SUR LE MARCHE

· 34009 358 318 9 7 : 2 mL en ampoule (verre). Boîte de 5 (non commercialisé).

· 34009 368 941 0 5 : 2 mL en ampoule (verre). Boîte de 10 (commercialisé).

9. DATE DE PREMIERE AUTORISATION/DE RENOUVELLEMENT DE L’AUTORISATION

A compléter ultérieurement par le titulaire

10. DATE DE MISE A JOUR DU TEXTE

A compléter ultérieurement par le titulaire

11. DOSIMETRIE

Sans objet.

12. INSTRUCTIONS POUR LA PREPARATION DES RADIOPHARMACEUTIQUES

Sans objet.

CONDITIONS DE PRESCRIPTION ET DE DELIVRANCE

Liste I