RÉSUMÉ DES CARACTÉRISTIQUES DU PRODUIT
ANSM - Mis à jour le : 23/01/2026
NORADRENALINE (TARTRATE) AGUETTANT 2 mg/ml (SANS SULFITES), solution à diluer pour perfusion
2. COMPOSITION QUALITATIVE ET QUANTITATIVE
Tartrate de noradrénaline ......................................................................................................... 2 mg
Pour 1 ml de solution à diluer pour perfusion
Soit 8 mg de tartrate de noradrénaline (correspondant à 4 mg de noradrénaline base) pour une ampoule de 4 ml.
Soit 16 mg de tartrate de noradrénaline (correspondant à 8 mg de noradrénaline base) pour une ampoule de 8 ml.
Excipient à effet notoire : sodium.
Chaque ml de solution contient 3,3 mg de sodium, équivalent à 0,14 mmol.
Chaque ampoule de 4 ml contient 13,2 mg de sodium, équivalent à 0,57 mmol.
Chaque ampoule de 8 ml contient 26,4 mg de sodium, équivalent à 1,14 mmol.
Pour la liste complète des excipients, voir rubrique 6.1.
Solution à diluer pour perfusion.
Solution limpide, incolore ou légèrement jaune.
pH= 3,0 à 4,0
4.1. Indications thérapeutiques
En perfusion intraveineuse, la noradrénaline est utilisée:
· dans le traitement d'urgence du collapsus et pour la restauration et maintien de la pression artérielle.
En irrigation locale gastrique, la noradrénaline est utile dans:
· le traitement des hémorragies digestives, en complément des traitements habituels (inhibiteurs des récepteurs H2, des pompes à protons; sclérose endoscopique).
4.2. Posologie et mode d'administration
Les posologies sont à adapter en fonction de l'état clinique du patient.
Les doses initiales recommandées sont 0.1 à 0.3 μg/kg/min de tartrate de noradrénaline. Des posologies atteignant 3 à 5 μg/kg/min ont parfois été utiles dans le traitement du choc septique ou du choc hémorragique.
Dans le cas d'hémorragie digestive, des lavages gastriques avec du sérum physiologique glacé auquel on ajoute 8 à 16 mg de tartrate de noradrénaline, peuvent être utilisés.
Mode d’administration
La voie d'administration doit être rigoureusement intraveineuse. Toute extravasation peut entraîner une vasoconstriction locale intense et une nécrose éventuelle des tissus. Il est préférable d'utiliser une voie veineuse centrale.
NORADRENALINE (TARTRATE) AGUETTANT 2 mg/ml (SANS SULFITES) doit être obligatoirement diluée avant la perfusion intraveineuse dans du glucose à 5 pour cent, du chlorure de sodium à 0,9 pour cent, ou un mélange isotonique de glucose et de chlorure de sodium. La noradrénaline ne doit pas être mélangée avec d'autres médicaments.
· Hypersensibilité à la substance active ou à l’un des excipients mentionnés à la rubrique 6.1.
· Ne pas utiliser avec des anesthésiques à base de cyclopropane et d'halothane car cela peut provoquer des arythmies cardiaques graves, notamment une fibrillation ventriculaire. Pour les interactions, voir la rubrique 4.5.
4.4. Mises en garde spéciales et précautions d'emploi
La noradrénaline est contre-indiquée chez les patients hypotendus dont le collapsus circulatoire est associé à une hypovolémie, sauf en cas d'urgence pour maintenir la perfusion des artères coronaires et cérébrales jusqu'à ce qu'une thérapie de remplacement du volume sanguin puisse être instaurée.
L’administration prolongée d’un agent vasopresseur puissant peut provoquer une déplétion volémique qui doit être corrigée en permanence par un remplissage hydroélectrolytique approprié. Si les volumes plasmatiques ne sont pas corrigés, l’hypotension peut récidiver lorsque la perfusion de noradrénaline est interrompue, ou la pression artérielle peut être maintenue avec le risque de vasoconstriction périphérique et viscérale sévère (par exemple, diminution de la perfusion rénale) avec diminution du débit sanguin et de la perfusion tissulaire, avec hypoxie tissulaire et acidose lactique ultérieures et possible lésion ischémique. Une gangrène des extrémités a été rarement rapportée.
La solution de noradrénaline est uniquement destinée à être administrée via un cathéter veineux central.
Les patients recevant de la noradrénaline doivent être étroitement surveillés afin d'identifier les premiers symptômes de l'ischémie des membres induite par le vasopresseur et de mettre en œuvre les mesures appropriées (par exemple, surélévation de l'extrémité, pose d'une attelle, réchauffement du membre affecté à l'aide d'un dispositif ad hoc, utilisation d'agents vasodilatateurs) pour prévenir la progression et minimiser les risques associés à la nécrose des extrémités.
· Risque d’extravasation :
L’écoulement du liquide de perfusion doit être contrôlé fréquemment au niveau de l’accès veineux. Des précautions doivent être prises pour éviter une extravasation qui pourrait provoquer une nécrose des tissus entourant la veine utilisée pour la perfusion. Dans la mesure où la vasoconstriction de la paroi veineuse augmente la perméabilité, une certaine quantité de noradrénaline peut atteindre les tissus environnant la veine perfusée, et provoquer un blanchissement des tissus qui n’est pas dû à une extravasation manifeste. Par conséquent, si un blanchissement est observé, il doit être envisagé de changer le site de perfusion afin de permettre l’élimination des effets de la vasoconstriction locale.
· Traitement de l’ischémie due à l’extravasation :
Au cours d’une fuite extravasculaire du produit ou d’une injection dans la zone périveineuse, une destruction tissulaire peut survenir à la suite de l’action vasoconstrictrice du médicament sur les vaisseaux sanguins. La zone d’injection doit être alors irriguée aussi vite que possible avec 10 à 15 ml de solution physiologique contenant 5 à 10 mg de phentolamine mésilate, un agent bloquant adrénergique. Il est pour cela nécessaire d’utiliser une seringue munie d’une aiguille fine et d’effectuer une injection locale dans toute la zone, ce qui est facilement indentifiable par son aspect froid, dur et pâle.
Le blocage sympathique avec la phentolamine produit des changements hyperémiques locaux immédiats et visibles si la région est infiltrée en moins de 12 heures. La phentolamine doit être administrée aussitôt que possible après avoir constaté l'épanchement, et la perfusion doit être arrêtée.
Précautions d'emploi :
D’une manière générale, une évaluation prudente est recommandée dans les cas suivants d’hypotension et d’hypoperfusion où une réduction de dose de noradrénaline peut être nécessaire:
· Dysfonction ventriculaire gauche majeure associée à une hypotension aiguë. Une thérapie de soutien doit être instaurée en même temps qu’une évaluation diagnostique. La noradrénaline doit être réservée aux patients présentant un choc cardiogénique et une hypotension réfractaire, en particulier ceux qui sont dépourvus d’une résistance vasculaire systémique élevée.
· Les patients hypotendus souffrant d’une thrombose vasculaire coronarienne, mésentérique ou périphérique; d’un infarctus myocardique ou un angor de Prinzmetal. Une prudence toute particulière doit être observée car la noradrénaline peut augmenter l’ischémie associée et étendre la zone de l’infarctus.
· Survenue de troubles du rythme cardiaque durant le traitement par noradrénaline.
· Des précautions sont nécessaires chez les patients atteints d'hyperthyroïdie ou de diabète sucré.
Dans les cas où il est nécessaire d'administrer la noradrénaline simultanément avec du sang total ou du plasma, ces derniers doivent être administrés séparément.
Ce médicament contient du sodium
Ampoule de 4 ml : Ce médicament contient moins de 1 mmol (23 mg) de sodium par ampoule de 4 ml c.-à-d. qu’il est essentiellement « sans sodium ».
Ampoule de 8 ml : Ce médicament contient 26,4 mg de sodium par ampoule de 8 ml, ce qui équivaut à 1,3% de l’apport alimentaire quotidien maximal recommandé par l’OMS de 2 g de sodium par adulte.
4.5. Interactions avec d'autres médicaments et autres formes d'interactions
· Anesthésiques volatiles halogénés
Troubles du rythme ventriculaire graves (augmentation de l'excitabilité cardiaque).
Associations déconseillées
· Antidépresseurs tricycliques (en particulier de type imipraminique)
Hypertension paroxystique avec possibilité de troubles du rythme (inhibition de l'entrée des sympathomimétiques dans la fibre sympathique).
· Antidépresseurs adrénergiques-sérotoninergiques
Hypertension paroxystique avec possibilité de troubles du rythme (inhibition de l'entrée des sympathomimétiques dans la fibre sympathique).
· Glucosides digitaliques
Peuvent occasionnellement provoquer une arythmie.
· Lévodopa
Peut renforcer les effets de la noradrénaline.
Associations faisant l'objet de précautions d'emploi
· IMAO non sélectifs (ou dans les 14 jours après arrêt d’un tel traitement)
Augmentation de l'action pressive du sympathomimétique, le plus souvent modérée. A n'utiliser que sous contrôle médical strict.
· IMAO-A sélectifs, linézolide et bleu de méthylène
Par extrapolation à partir des IMAO non sélectifs: risque d'augmentation de l'action pressive. A n'utiliser que sous contrôle médical strict.
· Alpha 1 agonistes (par exemple: midodrine)
La prudence est de mise car une hypertension prononcée peut en résulter.
· Alpha 1 bloquants (par exemple: prazosine, terazosine ou doxazosine)
Peuvent diminuer l'action pressive de la noradrénaline.
· Bêtabloquants
La prudence est de mise car une hypertension sévère peut en résulter.
· Hormones thyroïdiennes
La prudence est de mise car elles peuvent provoquer des effets cardiaques accrus.
· Alcaloïdes de l’ergot de seigle (en particulier ceux ayant une action alpha 1 agoniste (par exemple: ergotamine, dihydroergotamine, methylergometrine)
Peuvent stimuler les effets vasopresseurs et vasoconstricteurs.
· Lithium
Diminue l'effet de la noradrénaline.
· Réserpine, amphétamine
Peuvent renforcer les effets de la noradrénaline.
4.6. Fertilité, grossesse et allaitement
Grossesse
Compte-tenu de ses indications, la noradrénaline peut être administrée durant la grossesse si nécessaire.
Cependant, les propriétés pharmacodynamiques de la substance doivent être prises en compte. En effet, la noradrénaline peut nuire à la perfusion placentaire et induire une bradycardie fœtale. Elle pourrait également exercer un effet contractile sur l'utérus de la femme enceinte et conduire à une asphyxie fœtale en fin de grossesse.
Aucune information n'est disponible sur l'utilisation de la noradrénaline pendant l'allaitement.
4.7. Effets sur l'aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines
La noradrénaline n’a aucun effet sur l’aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines.
Très fréquent : ≥1/10 ; Fréquent : ≥1/100, <1/10 ; Peu fréquent : ≥1/1.000, <1/100 ; Rare : ≥1/10.000, <1/1.000; Très rare : <1/10.000; Fréquence indéterminée : ne peut être estimée sur la base des données disponibles.
|
Système Classe Organe (SCO) |
Effets indésirables (Fréquence indéterminée) |
|
Affections psychiatriques |
Anxiété |
|
Affections du système nerveux |
Céphalées, tremblements
|
|
Affections oculaires |
Glaucome aigu (très fréquent chez les patients prédisposés anatomiquement présentant une fermeture de l’angle iridocornéen) |
|
Affections cardiaques |
Tachycardie, bradycardie (probablement à la suite d’une réaction réflexe à l’augmentation de la pression artérielle), arythmies, palpitations, augmentation de la contractilité du muscle cardiaque résultant de l’effet bêta-adrénergique sur le cœur (inotrope et chronotrope), insuffisance cardiaque aiguë, cardiomyopathie de stress |
|
Affections vasculaires |
Hypertension artérielle et hypoxie tissulaire; lésions ischémiques dues à l’action vasoconstrictrice puissante (peuvent entraîner une froideur et une pâleur de la peau, des membres (périphérie) et du visage), gangrène des extrémités ; cyanose |
|
Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales |
Insuffisance ou difficulté respiratoire, dyspnée |
|
Affections gastro-intestinales |
Vomissements |
|
Affections du rein et des voies urinaires |
Rétention d’urine |
|
Troubles généraux et anomalies au site d'administration |
Possibilité d’irritation et de nécrose au site d’injection
|
En cas d'hypersensibilité ou de surdosage, les effets suivants peuvent apparaître plus fréquemment : hypertension, photophobie, douleur rétrosternale, douleur pharyngée, pâleur, sudation intense et vomissements.
Déclaration des effets indésirables suspectés
La déclaration des effets indésirables suspectés après autorisation du médicament est importante. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament. Les professionnels de santé déclarent tout effet indésirable suspecté via le système national de déclaration : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et réseau des Centres Régionaux de Pharmacovigilance - Site internet : https://signalement.social-sante.gouv.fr/.
Symptômes
Un surdosage peut provoquer des maux de tête, une hypertension sévère, une bradycardie réflexe, et une diminution du débit cardiaque.
Ces symptômes peuvent s'accompagner de violents maux de tête, de photophobie, de douleurs rétrosternales, de pâleur, de fièvre, de transpiration intense, d'œdème pulmonaire et de vomissements.
On peut également observer les symptômes suivants : vasoconstriction cutanée, escarres.
Traitement
En cas de surdosage accidentel, se traduisant par une élévation excessive de la pression artérielle, arrêter le traitement jusqu'à ce que l'état du patient se stabilise.
5. PROPRIETES PHARMACOLOGIQUES
5.1. Propriétés pharmacodynamiques
Mécanisme d’action
La noradrénaline a une action très puissante sur les récepteurs alpha ainsi que plus modérée, sur les récepteurs bêta 1. NORADRENALINE (TARTRATE) AGUETTANT 2 mg/ml (SANS SULFITES) provoque une vasoconstriction généralisée, à l'exception des coronaires qu'elle dilate de façon indirecte par augmentation de la consommation d'oxygène. La hausse tensionnelle instantanée qui résulte de son administration est de 1,5 fois plus intense que celle de l'adrénaline.
5.2. Propriétés pharmacocinétiques
Non résorbé par voie digestive.
Concentration plasmatique fugace (la demi-vie est de 2 à 3 minutes).
Désamination oxydative et o-méthylation.
Elimination rénale sous forme de métabolites.
5.3. Données de sécurité préclinique
2 ans.
Après dilution : la stabilité physico chimique en cours d’utilisation du produit dilué (dans du glucose à 5 pour cent, du chlorure de sodium à 0,9 pour cent, ou un mélange isotonique de glucose et de chlorure de sodium) a été démontrée pendant 48 heures à 30°C. Cependant d’un point de vue microbiologique, le produit doit être utilisé immédiatement. En cas d'utilisation non immédiate, les durées et conditions de conservation en cours d'utilisation relèvent de la seule responsabilité de l'utilisateur et ne doivent normalement pas dépasser 24 heures à une température comprise entre 2 et 8°C, sauf si la dilution a été réalisée dans des conditions d’asepsie dûment contrôlées et validées.
6.4. Précautions particulières de conservation
Avant dilution : A conserver à une température ne dépassant pas 25°C. A conserver dans l'emballage d’origine, à l'abri de la lumière.
Pour les conditions de conservation du médicament après dilution, voir la rubrique 6.3.
6.5. Nature et contenu de l'emballage extérieur
4 ml en ampoule de verre blanc de 5 ml; boîte de 10, 50 ou 100.
8 ml en ampoule de verre blanc de 10 ml; boîte de 10, 50 ou 100.
6.6. Précautions particulières d’élimination et de manipulation
A diluer dans du glucose à 5 pour cent, du chlorure de sodium à 0,9 pour cent, ou dans un mélange isotonique de glucose et de chlorure de sodium.
Ne pas utiliser une ampoule entamée.
Ce produit doit faire l'objet d'un examen visuel avant l'administration. Seule une solution limpide et incolore ou de couleur jaune pâle exempte de particules ou de précipités doit être utilisée. Les ampoules présentant une coloration rose ou plus foncée que jaune pâle, ou contenant un précipité ne doivent pas être administrées.
7. TITULAIRE DE L’AUTORISATION DE MISE SUR LE MARCHE
1, rue Alexander Fleming
69007 Lyon
8. NUMERO(S) D’AUTORISATION DE MISE SUR LE MARCHE
· 34009 560 935 5 7: 4 ml en ampoule (verre); boîte de 10.
· 34009 560 936 1 8: 4 ml en ampoule (verre); boîte de 50.
· 34009 560 937 8 6: 4 ml en ampoule (verre); boîte de 100.
· 34009 564 610 3 5: 8 ml en ampoule (verre); boîte de 10.
· 34009 564 612 6 4: 8 ml en ampoule (verre); boîte de 50.
· 34009 564 613 2 5: 8 ml en ampoule (verre); boîte de 100.
9. DATE DE PREMIERE AUTORISATION/DE RENOUVELLEMENT DE L’AUTORISATION
Date de première autorisation : 28 août 1997
Date du dernier renouvellement : 28 août 2011
10. DATE DE MISE A JOUR DU TEXTE
{JJ mois AAAA}
Sans objet.
12. INSTRUCTIONS POUR LA PREPARATION DES RADIOPHARMACEUTIQUES
Liste I.